17th mai 2013

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3rd mars 2013

Lien reblogué depuis Vers la Villa Amalia avec 1 note

Vers la Villa Amalia: Mon coeur →

villamalia:

Dès qu’il rentre à la maison, elle a mal aux cervicales. Elle étouffe quand il est là, elle se sent privée de tout. Quand il l’appelle « mon cœur », elle a envie de vomir. Elle n’est rien de lui, et sûrement pas son cœur. Elle l’a rencontré il y a dix ans, une erreur de jeunesse qu’elle continue…

21st février 2013

Billet avec 1 note

Le femme qui pleure

image Elle est en crise. Elle donne le change. Surtout quand les larmes montent. Elle est devenue le reine de la dissimulation. Elle sait les retenir au bord, en équilibre. Et rire pour qu’elles passent. Elle est forte, personne ne le voit. Ça la bouffe. Mais elle s’en sortira seule. Les mots l’aident. Alors elle se les récite, tout le long du jour, aussi la nuit quand ils tournent. Elles les écrit, ils tournent. Elle les crache. Ils sont sa réalité et sa thérapie. Ils la sauveront, ils la sècheront, ils la lisseront.

Le cœur de l’hiver n’a jamais été sa saison. Elle refuse de s’écouter alors elle s’écrit, se lit et se relit pour vivre. Elle écoute et fait sortir les mots des autres. Mais elle ne sait pas parler. Elle ne sait que noircir son mal être sur du papier.

Elle somatise, elle perd sa voix. Mais peu importe elle n’est pas la femme qui crie. Elle ne maquille plus ses yeux car elle est la femme qui pleure.

19th janvier 2013

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5th novembre 2012

Billet avec 1 note

Hiver

Bon sang, ces soirées d’hiver sont si longues. Elle compte les heures tout en essayant de les retenir. Retenir son cafard comme on tente de retenir un amant déjà parti, loin. Passer au printemps comme on passe à un autre homme.

Mais c’est lui qu’elle veut, son hiver. Elle veut le froid de son absence. Elle veut encore son silence qui emplit la pièce quand leurs regards ne se croisent plus. Il est ses dimanches soirs blafards et gris.

Mais c’est lui qu’elle veut.

Tableau : Sylvie B, un amour en hiver

31st octobre 2012

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20th juillet 2012

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5th juillet 2012

Billet avec 1 note

VIDE

Enfant il n’aimait pas lire. Son enfance a été marquée  par l’ennui. De longues journées qui se traînaient, sans partage, sans rire. Sans bruit.
On pourrait dire, propices à la lecture, aux rêves, qui occupent l’espace, le vide. La tête, le cœur. Qui nourrit son corps.


Alors, maintenant il a peur, il regarde toujours les livres de loin. Ces volumes qui prennent toute la place chez lui. Qui l’étouffent.
Il a longtemps hésité mais aujourd’hui il s’en sépare. Sur ce trottoir, prenne qui voudra.


Il ne partira qu’avec le dernier.

Au fur et à mesure du vide qui remplace chaque livre, il revit  les impressions de lectures, le souffle, le geste qui a porté les mots et les images. Celui-ci c’est sa première amoureuse qui le lui a offert. Ce sont des poésies, il les lui lisait après l’amour, nus sous le drap froissé.

Celui qui vient de trouver preneur est un recueil de nouvelles érotiques. Il ne les a jamais lues seul. Un petit pincement à son cœur d’artichaut et ça passe. Ses livres sont ses anciennes amours, chaque livre caressé comme la peau douce et parfumée de sa dernière maîtresse. Comme son souffle qui s’éteint à son oreille, ce geste suspendu à son plaisir.

Maintenant, il espère retrouver sa solitude, une nouvelle sensualité, la découverte de lui-même. Sa vraie vie, sans attaches, sans entrave. Il a déjà tellement vécu, tellement partagé.

Quelqu’un remplira sa vie en vidant la sienne. Il a besoin de ce vide, de faire table rase. Oter un à un les oripeaux, marques du passé. Tout ça lui colle trop à la peau, comme avant l’orage, quand l’air est moite. Il sait que chaque livre l’éloigne un peu plus de sa vie. Chaque cession l’en rapproche.

Enfin il peut se reconstruire, repartir, réinventer sa vie, celle qu’il veut. Peut-être l’écrira-t-il finalement. A la main, sur un petit cahier sans lignes.


Il ne partira qu’avec le dernier.



Participation au jeu d’écriture du blog à mille mains sur une photo de Chouyo.


22nd juin 2012

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7th juin 2012

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7th mai 2012

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Barbara - Regarde

5th avril 2012

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Husbands de Cassavetes : making of

9th mars 2012

Billet avec 1 note

Les mots des hommes

Les mots des hommes la subjuguent, elle les aime et les attend. Ce sont eux qui la font jouir, eux plus que leur queue dans son ventre. Leurs mots la font passer en douceur du statut de pute à celui de femme aimée. Ce que sa bouche refuse de prendre dans la leur, ils lui fourrent de force dans la tête. Comme une jouissance forcée, un viol de son intellect, mais son intellect du côté du cul, comme si elle n’avait pas de cerveau. En même temps, faut bien reconnaître que ça aide  des fois. Les intellos ont parfois la tronche tellement farcie, qu’ils liment pendant des heures, enfin des heures de pute, hein, c’est pas aussi long que des heures de sainte, sans que rien ne sorte. Alors ils causent, ils font leur théorie, sur tout, sur rien, la crise, le logement, le nouveau roman…


Jusqu’à maintenant, elle ne s’est fait que des intellos, des qui l’enrobent de ces mots pour mieux la baiser, sans culpabilité. Leurs mots sont les prières, Pater et Ave, contritions données à confesse. Bien pratique pour les bons pères de famille et bons époux.


Mais celui-ci c’est un bestial, un corps de muscles, de chair, de sang, empli de tous les fluides vitaux et du plaisir. Lui il prendra le plaisir, mais ne lui donnera rien. Elle n’aura pas la folie du ventre avec lui. Elle n’aura pas droit aux fleurs de sa pensée. Elle le sait, elle l’a senti à sa voix, à ses mots justement qui ne sonnaient pas comme ceux des autres. Des mots qui te font voir un corps un peu gras, de celui des hommes qui ont atteint l’âge de grossir.


Elle aurait pu dire non, mais ça l’excite cet inconnu; elle se fera sa propre mélodie. Cette fois son cul ce sera son intellect, c’est reposant aussi, parfois.


Sauf que, putain, ce verre de blanc, merde, il aurait pas dû !

Participation au jeu d’écriture du blog à 1000 mains d’après une photo de Gabrielle.

4th décembre 2011

Billet

J+1 J-364

Le jour de son anniversaire, elle avait eu un Montblanc, pour mieux signer sa rupture.

Un vernis rouge, femme, comme elle, pour continuer de séduire.

Une valise, pas trop grande, classe, pour partir, plus vite, plus loin, légère. Légère comme une nouvelle vie. La remplir, mais pas trop. De nouvelles amours, de nouveaux rires. De nouveaux pleins mais avec de belles bulles d’air.

Dessin inspiré très rapidement de celui-ci : http://alluria-alluria.blogspot.com/2009/05/portrait-de-femme-avec-valise.html

9th août 2011

Billet

Partir

Kevin avait vendu sa grand-mère. Elle parlait trop, de trop de choses. Prenait trop de temps et d’espace en lui et hors de lui. Elle était vieille, elle était grosse. Il avait songé un temps l’éliminer. Enfin un truc définitif, quoi! Mais il avait besoin de faire avancer son vieux pick-up, alors il l’avait vendue. Il en avait tiré juste de quoi partir. Vite. Se tirer. Loin. Il se disait qu’il irait voir la mer. Il n’avait jamais fermé les yeux pour sentir les embruns sur son visage. Léché ses lèvres salées et craquelées. C’était l’été après tout!