Barbara - Regarde

Husbands de Cassavetes : making of

Les mots des hommes

Les mots des hommes la subjuguent, elle les aime et les attend. Ce sont eux qui la font jouir, eux plus que leur queue dans son ventre. Leurs mots la font passer en douceur du statut de pute à celui de femme aimée. Ce que sa bouche refuse de prendre dans la leur, ils lui fourrent de force dans la tête. Comme une jouissance forcée, un viol de son intellect, mais son intellect du côté du cul, comme si elle n’avait pas de cerveau. En même temps, faut bien reconnaître que ça aide  des fois. Les intellos ont parfois la tronche tellement farcie, qu’ils liment pendant des heures, enfin des heures de pute, hein, c’est pas aussi long que des heures de sainte, sans que rien ne sorte. Alors ils causent, ils font leur théorie, sur tout, sur rien, la crise, le logement, le nouveau roman…


Jusqu’à maintenant, elle ne s’est fait que des intellos, des qui l’enrobent de ces mots pour mieux la baiser, sans culpabilité. Leurs mots sont les prières, Pater et Ave, contritions données à confesse. Bien pratique pour les bons pères de famille et bons époux.


Mais celui-ci c’est un bestial, un corps de muscles, de chair, de sang, empli de tous les fluides vitaux et du plaisir. Lui il prendra le plaisir, mais ne lui donnera rien. Elle n’aura pas la folie du ventre avec lui. Elle n’aura pas droit aux fleurs de sa pensée. Elle le sait, elle l’a senti à sa voix, à ses mots justement qui ne sonnaient pas comme ceux des autres. Des mots qui te font voir un corps un peu gras, de celui des hommes qui ont atteint l’âge de grossir.


Elle aurait pu dire non, mais ça l’excite cet inconnu; elle se fera sa propre mélodie. Cette fois son cul ce sera son intellect, c’est reposant aussi, parfois.


Sauf que, putain, ce verre de blanc, merde, il aurait pas dû !

Participation au jeu d’écriture du blog à 1000 mains d’après une photo de Gabrielle.

J+1 J-364

Le jour de son anniversaire, elle avait eu un Montblanc, pour mieux signer sa rupture.

Un vernis rouge, femme, comme elle, pour continuer de séduire.

Une valise, pas trop grande, classe, pour partir, plus vite, plus loin, légère. Légère comme une nouvelle vie. La remplir, mais pas trop. De nouvelles amours, de nouveaux rires. De nouveaux pleins mais avec de belles bulles d’air.

Dessin inspiré très rapidement de celui-ci : http://alluria-alluria.blogspot.com/2009/05/portrait-de-femme-avec-valise.html

Partir

Kevin avait vendu sa grand-mère. Elle parlait trop, de trop de choses. Prenait trop de temps et d’espace en lui et hors de lui. Elle était vieille, elle était grosse. Il avait songé un temps l’éliminer. Enfin un truc définitif, quoi! Mais il avait besoin de faire avancer son vieux pick-up, alors il l’avait vendue. Il en avait tiré juste de quoi partir. Vite. Se tirer. Loin. Il se disait qu’il irait voir la mer. Il n’avait jamais fermé les yeux pour sentir les embruns sur son visage. Léché ses lèvres salées et craquelées. C’était l’été après tout!

A fleur de peau #Orgueil

Mais il avait disparu, ne répondait pas. Que faisait-il lorsqu’elle jouissait en pleurant ? Et orgueilleusement, elle ne voulait toujours pas être cette fille qui vit dans son ventre. Même si cette absence lui était insupportable.

Une nuit, alors qu’elle rentrait tard, elle le sentit dans son dos. Les saisons avaient pourtant défilé mais elle reconnut son odeur, son souffle, son territoire trop vite abandonné. Il colla son corps à elle pendant qu’elle pénétrait sous le porche. Il bâillonna sa bouche d’une main pendant que l’autre fouillait entre ses cuisses, sans ménagement, forçant ses lèvres, lui faisant presque mal. Elle étouffait, voulait se retourner, lui faire face. Il accentua la pression de ses doigts qui avaient fini par trouver le chemin de son désir. La bouche contre son cou, il lui murmura « tu vas regretter ton orgueil petite conne ». Profitant de son relâchement, elle se retourna et tout en s’agenouillant, elle lui lança « tu vas regretter la brûlure de ma bouche ».

La vraie rencontre était en train de s’engager.

Cependant, avec une douceur extrême, il la releva. Cette nuit-là ils firent l’amour, comme des amants amoureux, sans aucune animalité. Elle savait que c’était leur chant du cygne. Ils jouirent d’un bloc.

A fleur de peau #Le manque

  Après leurs retrouvailles, il avait disparu. Elle qui voulait créer le manque chez cet homme de hasard s’était faite avoir. Une simple nuit, une simple rencontre, une simple aventure s’était transformée en une addiction sévère.

Elle voulait sa peau, elle voulait son odeur, elle voulait son torse qui se soulève sous sa langue quand elle le goûtait. Elle voulait qu’il saisisse ses hanches, porte ses seins à sa bouche et en joue. Puis doucement, il écartait ses lèvres avec sa queue tendue, la pénétrait à peine pour entendre le soupir qu’elle laissait échapper en sentant son gland s’enfoncer. Il avait respecté une pause, il voulait que son corps le supplie. Que ses yeux s’embuent et se troublent, que sa tête se perde dans son ventre.

Il lui avait pourtant donné son numéro, elle avait son mail. Elle avait même son nom, son adresse, ses lieux. Tout pour le joindre, le rejoindre encore.

Elle avait toujours sa clé dans une main quand l’autre s’égarait du côté de son sexe, elle fermait alors les yeux, se répétait tout bas les mots qu’il lui avait dits pour l’attirer dans son lit. Elle plongeait en elle de façon brutale, comme on viole, comme on vole son plaisir. Elle avait toujours baisé violemment, un vrai combat avec l’autre, jamais contre. Un combat pour la vie, sa survie. Prendre et donner, donner et prendre.

Brume

     Elle a rêvé de lui. Ses yeux plissés et brillants de larmes. Elle est toujours fière quand elle réussit à le faire rire. Cascade grondant qui le parcourt, explose et jaillit.

Elle aime bien suivre son souffle qui enfle, dessiner le chemin du bout des doigts, le guider.

Mais encore une fois elle n’a pas su le retenir. A peine son visage tourné vers elle et qui s’efface.

A fleur de peau #Lui

Sa timidité l’avait troublé. Il avait d’abord pensé qu’elle feignait, elle si sauvage et si sensuelle dans le taxi.

Elle se tenait dénudée devant lui, dans la pénombre. Il pouvait entendre battre son cœur, elle peinait à respirer. Il l’avait alors saisi par le poignet et l’avait fait rouler sur le lit, avait pris le dessus. Le signal pour que sa passion se réveille. Une bataille s’était engagée. Chacun voulait mener la danse, jouir et faire jouir.

A fleur de peau #Corps à corps électrique

Elle pousse silencieusement la porte, le devine à son souffle, le perçoit. Malgré sa peur du noir, elle avance…

Les rideaux sont légèrement tirés. Il n’a pas de volets. La lumière que diffuse la rue lui suffit à voir son corps dessiné sous le drap blanc. Elle l’imagine frais. De cette fraîcheur qui les accueillera emmêlés, qui boira leur sueur et leurs fluides.

Elle se demande s’il dort, écoute, tendue vers le battement de son cœur, vers sa respiration contrôlée. Elle voit son ventre se soulever et sait. Elle sait qu’il la désire, elle sait qu’elle le veut.

Elle sait qu’il l’a imaginée montant les escaliers, détaillant sa robe, sa peau, approchant sa main, ses doigts captant sa chaleur. Elle l’a senti alors qu’elle montait vers lui.

Et la voilà, là devant lui, dans ce rai de lumière. Et la voilà, sa robe glissant follement sur sa douceur. La voilà en culotte s’offrant à lui. Elle veut qu’il se lève, qu’il prenne sa main, l’attire et la bascule. Elle veut de la douceur, elle d’habitude si guerrière. Elle se fait timide sous ses yeux qui percent l’obscurité. Il se fait homme devant cette femme amoureuse.

Il l’attire, enfin. Elle frissonne. Il saisit son bras, l’obligeant à basculer sur le lit, à tomber, à perdre le contrôle, là tout de suite. Ne plus réfléchir, vivre son corps, son ventre.

Il prend ses cheveux, pose sa bouche sur son cou, prêt à la dévorer. L’animalité est réveillée. Il la plaque, elle se soulève, se déhanche, son bassin collé à lui, elle ne désarme pas. D’une main il immobilise ses poignets et de l’autre plonge entre ses cuisses. Son premier réflexe est de les serrer dans un cri. Il la fait taire en clouant un baiser sur ses lèvres. Sa langue cherche la sienne, elle mord ses lèvres, repousse sa langue, joue avec, l’avale, la tourne, l’emprisonne. Cela l’empêche de crier à réveiller le quartier sous sa main, ses doigts qui ont trouvé son point de non retour. Cet endroit magique qu’il connait parfaitement, comme si son corps lui était familier. Et pourtant elle a ce frisson de la première fois. Timide et délurée. Elle sait qu’elle aimera le sien. Elle le sent, comme elle l’avait fait dans le taxi. Elle le lèche. Sa peau a le goût salée de la sueur et de l’excitation. Sa main se libère, d’abord pour accompagner la sienne entre ses cuisses, puis pour saisir sa queue, la sentir palpiter, être à sa merci. Mais il l’éloigne, veut la posséder lui d’abord. Ses cuisses se serrent encore, il les écarte, les maintient fermement, l’empêchant de fuir le plaisir. Puis il descend pour s’y perdre et la perdre. Sa bouche l’aspire, sa langue l’ouvre, la fouille, la lape. Elle ne veut pas crier, ne pas lui indiquer que ce soir elle est sienne.

Peu importe il sait, il sait qu’elle colle son sexe à sa bouche, à l’en asphyxier. Elle saisit ses cheveux et l’attire brutalement à elle. Elle veut goûter le plaisir à sa bouche. Et le goûter dans la sienne. Fermement, autoritairement, elle prend sa queue, la presse, la coulisse. Le regarde dans les yeux et glisse sous lui. Sa langue parcourt son gland, y passe de petits coups, s’amuse. Elle s’applique sur l’intérieur de ses cuisses, le lèche comme une glace, puis prend son gland entre ses lèvres, l’avale, veut le faire jouir avant que lui ne le fasse. C’est un combat de chefs. Peu importe le vainqueur, tous deux seront gagnants ce soir.

A fleur de peau #Fantasme

  Il l’avait entendue, devinée dès sa montée des marches. Il avait suivi sa progression, regardé son dos, son épaule dénudée par le glissement de sa robe.

Il s’était attardé sur la cambrure de ses reins, sur son cul qu’elle avait  rond. Il avait glissé sa main sous sa robe, approuvé le choix de sa culotte du bout des doigts. Elle avait mis des bas, il les imaginait déjà roulés sur ses chevilles pendant qu’il embrasserait ses cuisses pour accompagner leur descente.

Elle prendrait sa tête, la presserait, l’écraserait contre sa chair. Perdu sous sa robe, il lui saisirait les mains, les tirerait dans son dos et la tiendrait ainsi, à son vouloir, le ventre offert. La prendrait-il comme ça, la déshabillerait-il pour la regarder frémir de cette envie de le sentir en elle?

Elle avait ce côté animal et assumé qui lui avait plu. Déjà dans le taxi, elle l’avait reniflé, le mot était juste; pas senti, reniflé comme on flaire l’autre pour le reconnaître. Pendant qu’il lui disait des mots sans cohérence, portés par son désir, elle avait collé son nez sur sa peau, l’avait parcourue. A un moment elle l’avait léché.